• Recueil d'expressions et de phrases vicieuses

    Gasconismes corrigés particuliers au département de la Gironde et aux départements circonvoisins par J.B.L. Professeur, à Bordeaux, janvier 1823

    Dans la lignée du Desgrouais qui s’adressait à ses élèves toulousains, J.B.L., Professeur, a repris le titre de Gasconismes corrigés mais en l’adaptant aux expressions girondines (qui peuvent être aussi vicieuses que les expressions toulousaines). L’ouvrage, de janvier 1823, a été publié à Bordeaux,  chez Lavigne Jeune, imprimeur du Roi, de S.A.R. Mgr le Duc d’Angoulême et de la Préfecture.

    Bien des expressions qu’il signale comme asseoir la lessive pour encuver le linge, ne sont plus employées mais il en est de plus imagées et de plus tenaces .

     

    Parmi les plus imagées il y a acheter de la viande à l’œil , alors qu’il faut dire à la main (sans la peser)

    Arrive qui plante pour arrive ce qui pourra (ou vogue la galère)

    Affriandir , qui suggère une gourmandise, pour affrioler,

    Bleuer une volaille pour flamber

    Bestiasse pour grosse bête

    Le bouton de la roue pour le moyeu

    Une bille de chocolat (pour bâton ou tablette)

    Marcher un pied en l’air (à cloche-pied)

    Ou venter le blé, qui précise bien le rôle du vent, au lieu de vanner

     

    Parmi les expressions les plus tenaces il faut ranger acheter bon marche (pour  bon marché)

    J’ai à faire (pour affaire)

    Amener pour emmener

    Amasser (mettre en tas) pour ramasser

    Bourrier (devenu déchetterie)

    Des boudins, un boudin pour du boudin

    Chancre pour crabe

    Cusson pour  artison ( ?)

    La dalle pour la gouttière

    Demeurer sur la rivière, aller sur le Bassin, se promener au fond du Bassin, dormir comme une souche (qui ne dort pas, tandis que le Loir, lui, peut dormir), etc.

     

    Et les formes vicieuses qui sont franchement devenues modernes :

    Cette femme a accouché d’un garçon pour est accouchée (le mauvais est devenu moderne, le modèle est  littéraire ou vieilli)

    Les jours allongent quand il faut dire s’allongent

    Se bichonner pour s’adoniser ou se parer

    Chacun avec sa chacune au lieu de chacun avec la sienne

     

    Et tous les ce que pour ce dont les à pour de (la fille à Gaston), les masculins pour les féminins et vice versa…

     

    Nous y trouvons ce qui disparaît : le bourrier, la cruchade, la clouque, l’escarpin (pris au sens de chausson tricoté ), la chatonnière (que l’on a élargi aux dimensions de la chattière), la joutte (ou bette),... La panouille de blé d’Espagne, c’est l’épi de maïs, le tourrin, la soupe à l’oignon,

     

    Certains mots ont disparu dans tous les cas en dérivé du gascon et en français. Ainsi le détailliste (en français de 1824 détailleur) est devenu détaillant.

    Enfin, la fontaine ne pisse pas et la nourrice ne fait pas pisser son lait

    Je n’ai pas relevé toutes les expressions : il aurait fallu faire la photocopie du livre où l’on trouve quelques définitions étranges comme : le tonneau s’enfuit (expression conseillée) pour remplacer ce tonneau verse le vin (expression vicieuse). Faudrait-il dire le tonneau fuit ?

     

    PS . Quand le Général de Gaulle parle d’un quarteron de généraux il se trompe à 80% : un quarteron girondin, c’est le quart de cent c’est à dire 25 (un quarteron de châtaignes). De Gaulle n’était ni paysan, ni Girondin. :

    Grammairiens, à vos dictionnaires!

    C.D.

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